Marseille





La ville est en deuil, Les drapeaux en berne.
Marseille !
Je t'habite avec le cœur, avec les tripes
Avec ce que tu me donnes à voir,
    Ce que tu me donnes à vivre.
Le vif, la beauté, le chaos, la chute, le pire,
    Dans la nuit ces virées comme un mirage
Sous mon ombre ivre.
Soudain l'odeur,
    L’odeur de ces Assassins sur les corps recouverts de gravats
    L’odeur de ces Ordures sous l'effondrement
    De ceux qui ne tiennent plus bon.
C'était l'histoire du pêcheur qui aimait la mer et
Qui en était fou,
À présent c'est le mystère en rase campagne qui fout la trouille,
Ces sous sols arrosés d'histoires puantes, d'orgies sélectives,
De cours d'eau aux reflets grossissants, aux mâchoires invisibles.
    Harmonie jouissive
    À l'emportement lumineux !
C'est toi qui l’emportes encore une fois,
Toi l'omnipotence, toi l'omniprésence,
Toi le grotesque, toi le monstre vertueux.
Tu nous crois fous, tu nous crois bêtes, tu nous sens indésirables,
    Tu ne prendras pas notre colère,
    Tu ne prendras pas notre feu !
Signalétique cosmopolite à l'état de veille.
    La braise est fumante,
    Le foutoir aux aguets s'embrase,
    L’invisible prend feu, à bâbord la machine est vive.
Tu ne sais à quel point la chaleur n'a pas de filtre.
    O conteur, O commandeur affable,
Après ces jours de peines, de veillées et de repli,
    Sache que tu vas rougir,
Que la déferlante sans nom s'agrippera à toi
Et que tu devras rendre compte...

                              

            


                                                                       (Senga b)

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